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Non, le coaching n’est pas magique

 

Le coaching est en vogue, nul besoin de vous le faire remarquer n’est-ce pas ? Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai lu ou entendu la phrase « Aujourd’hui, tout le monde est coach. ».

C’est pas faux. De nombreux coachs nous promettent de nous transformer, de changer notre vie, de nous rendre libres ou riches. Voilà de belles promesses aux allures de recettes magiques. Sauf que le coaching n’est pas magique, loin de là.

Mais en fait, c’est quoi le coaching ? Comment faire le tri entre tous les coachs qui inondent le web d’offres alléchantes ? Dans cet article je vous propose un éclairage sur ces questions et surtout sur ce qu’est le métier de coach.

Le titre de « coach » n’est pas réglementé

Vous voyez des coachs partout ? C’est normal car l’utilisation du titre « coach » n’est pas réglementée, autrement dit, elle n’est pas protégée. Ainsi tout un chacun peut s’auto-proclamer coach ou qualifier son accompagnement de coaching, sans avoir à justifier quoi que ce soit.

Pourtant il existe un référentiel officiel qui encadre les écoles de coaching et la délivrance des diplômes de coachs professionnels. Il y a aussi des fédérations internationales de coaching comme l’EMCC qui référencent les compétences précises du métier. Le paradoxe devient alors le suivant : d’un côté des écoles de coaching doivent montrer patte blanche pour former des étudiants, les diplômer, obtenir des certifications et des accréditations pendant que de l’autre côté, le titre de coach n’est pas limité dans son utilisation par les professionnels. Vous commencez à voir le problème ou pas ?

On se retrouve donc sur le marché du coaching avec deux types de profils :

  • les coachs professionnels formés au métier de coach et certifiés par des organismes compétents,
  • les coachs auto-proclamés.

Mon but ici n’est pas de critiquer les coachs auto-proclamés mais plutôt de mettre en lumière l’abus d’utilisation du titre en lui-même. Certains professionnels auto-proclamés sont très utiles et compétents dans leur domaine. Le hic, c’est que souvent ils ne pratiquent pas du coaching mais du conseil, du consulting ou de la formation par exemple. Je suis d’ailleurs convaincue que beaucoup ne savent pas que le coaching est un métier à part entière. Face à cela, il me semble important de préciser qu’on ne devient pas coach professionnel après avoir lu Les quatre accords toltèques  (même si ce livre est très intéressant par ailleurs).


Un coach professionnel est un facilitateur, pas un sauveur

Alors concrètement, comment faire la différence entre un coach formé au métier de coach et un coach qui fait autre chose que du coaching ? Le mieux, c’est de savoir ce qu’est un coach professionnel et plus généralement ce qu’est le coaching.

Ce qu’est le coaching

Le coaching est une interaction entre un coach et une personne coachée. Le coach est un accompagnateur qui suit un individu pendant un certain nombre de séances afin de l’aider à trouver ses propres réponses pour atteindre son objectif.

Là-dedans, pas de formule magique ou de méthode infaillible. Simplement un professionnel avec une posture, des méthodes et des outils pour aider une personne à regarder différemment sa situation, pour lui donner accès à des possibilités d’actions différentes.

Le coaching c’est du travail ! A la fois pour le coach mais aussi et surtout pour le coaché qui est considéré comme responsable et autonome dans sa démarche. C’est lui qui va devoir mettre en œuvre des changements dans son quotidien pour avancer vers son objectif. Le coach quant à lui, garde sa position de guide, de facilitateur.

Ce que n’est pas le coaching

Le coaching n’est pas un accompagnement qui dure des années. Ce n’est pas non plus l’application à la lettre par le coaché d’une méthodologie préparée à l’avance. Se faire coacher ce n’est pas recevoir des avis ou des conseils. Ce n’est pas être laissé dans sa zone de confort ou conforté dans une position de suiveur. Se faire coacher ce n’est pas enchaîner des exercices de développement personnel.

Être coach professionnel, ce n’est pas dire au coaché ce qu’il a à faire ou lui promettre des résultats farfelus ou irréalistes. Un coach ne considère pas non plus son client comme un disciple ou un élève. Un coach n’est pas un professionnel du domaine de compétence professionnel de son client. Un coach n’a pas besoin d’avoir vécu votre situation ou rencontré les mêmes difficultés que vous pour vous accompagner. Son domaine c’est le coaching pas le sauvetage. D’ailleurs à ce titre, un coaching qui s’éternise sur plus de 8 ou 10 mois devrait vous mettre la puce à l’oreille.

En résumé, et je me répète, le coach n’est pas conseiller, sauveur, consultant ou formateur. Il est coach ! Et pour cela, il se forme au coaching.

Ce que j’ai fait pour devenir coach professionnelle

Puisque l’exemple est toujours plus parlant que de longs discours, je vous livre mon témoignage de coach professionnelle formée au métier.

J’ai suivi une formation de 6 mois

Tout commence par là : une école de coaching. J’ai été formée par Agora Coaching après avoir fait de longues recherches et de nombreux appels auprès des différentes écoles existantes en France. Le choix de mon école était crucial pour moi car toutes n’ont pas exactement la même approche ni le même taille ou les mêmes outils d’apprentissage. J’ai donc pris mon temps pour sélectionner celle qui correspondait au maximum à mes critères, que ce soit du point de vue des valeurs, de l’approche, mais aussi du prix. 6 mois de formation c’est un investissement de temps non négligeable et avec du recul, je peux dire que le minimum à exiger pour qu’un coach puisse apprendre sa posture et son rôle dans de bonnes conditions.

J’ai fait des centaines d’heures de coaching

Qui dit école, dit cours théoriques. Dans une école de coaching, les futurs coach professionnels passent donc une partie de leur temps à découvrir, comprendre et apprendre la théorie. Néanmoins, coacher ne s’apprend pas par la théorie mais par la pratique. Lire tous les livres théoriques du monde sur le coaching n’aurait pas fait de moi une coach apte à coacher. Ce qui m’a permis d’appliquer la théorie, d’apprendre à m’adapter, d’affiner mon questionnement et la pertinence de mon accompagnement, c’est la pratique, la pratique et encore la pratique. Cette pratique a lieu à la fois à l’école avec des étudiants et à l’extérieur avec des coaché(e)s volontaires.

J’ai appris à maîtriser la posture « neutre » du coach

Pendant une séance de coaching j’adopte une posture particulière qui demande un apprentissage particulier. La vie de tous les jours ne nous apprend pas à développer une écoute totale et active, à mettre de côté nos opinions et nos jugements, à questionner plutôt qu’à conseiller… Et même si nous avons pu apprendre l’une ou l’autre de ses attitudes, je ne connais pas de gens qui les adoptent toutes en même temps au quotidien. Heureusement d’ailleurs car la posture de coach n’est pas faite pour être permanente ! Cela demande de l’énergie et de la maîtrise. Lorsque je coache, je mobilise cette posture particulière et je veille à la conserver d’un bout à l’autre de la séance. Cette posture me permet d’avoir un recul et de faire consciemment mes choix de questionnement, d’outils ou de feedback.

Au-delà de l’aspect du travail technique que cela demande, l’apprentissage de la posture de coach demande aussi un important travail sur soi-même. Cela confronte l’apprenti coach au rapport qu’il a avec les autres mais aussi avec lui-même. C’est parfois éprouvant car chaque séance réalisée nous en apprend un peu plus sur nos forces, nos faiblesses, nos croyances ou nos blocages. Et c’est tant mieux ! Il me semble indispensable d’avoir fait un important travail sur soi, de connaître ses forces et faiblesses avant de se lancer dans la grande aventure du coaching.

Je me suis fait coacher

Comment accompagner avec pertinence une personne et la comprendre si je n’avais jamais été dans sa position de coachée ? Se faire coacher demande de travailler sur soi, de remettre en question ses habitudes de pensées et ses croyances. Il me semble indispensable de pouvoir me mettre à la place de la personne que je coache. En formation, j’ai été coachée à de nombreuses reprises par mes pairs. J’ai donc expérimenté tous les outils que je propose à mes clients. J’ai rit, j’ai été en colère, j’ai eu peur, j’ai pleuré. J’ai ainsi pu mesurer la force et l’impact des outils que j’avais à ma disposition. Grâce à cela je suis en capacité de comprendre ce que peut vivre le ou la coachée en face de moi. Me faire coachée m’a permis de nourrir et de faire grandir mon empathie.

J’ai obtenu une certification professionnelle

La formation de coaching se termine par une certification. Durant cette certification nous sommes évalués en situation sur l’acquisition des compétences et techniques de coaching. Bienveillance, non-jugement, neutralité, maîtrise des techniques de questionnement, des outils et protocoles etc. De nombreux critères sont passés en revue afin de déterminer si nous sommes aptes à accompagner nos clients en toute sécurité (pour eux comme pour nous). En tant que coach certifiée, j’adhère à la charte de déontologie du coach qui liste les fondamentaux du coaching.

Comme vous pouvez le constater à ce stade, le métier de coach est bien plus encadré qu’il n’y parait de prime abord ! Pour finir, je vais aborder une partie de notre travail qui est certainement la moins connue et visible : la supervision.

Je me fais superviser

En tant que professionnelle de l’accompagnement, je suis supervisée par un autre professionnel plus expérimenté. Cela veut dire très concrètement que j’ai des séances régulières de supervision durant lesquelles j’aborde des sujets liés à ma pratique. Je suis coach mais je n’ai pas réponse à tout – aucun coach d’ailleurs. La supervision me permet donc de conserver du recul et un avis extérieur sur mon travail. Les coachs professionnels sont tenus de faire ses séances de supervision de façon régulière.

J’espère que cet article a pu vous donner des éléments pour porter un regard différent sur le métier de coach. Ce métier est en effet une réalité pour celles et ceux qui se sont donnés les moyens de se former et dont je fais partie. C’est un investissement de temps, d’énergie, d’argent et un vrai travail personnel.

Si vous m’avez lu jusqu’ici vous aurez compris qu’on ne devient pas coach professionnel par magie et que, par extension, on ne se fait pas non plus coacher par magie ! Le coaché fournit un gros travail sur lui-même qui demande régularité, énergie et investissement. Les personnes qui choisissent de suivre un accompagnement de coaching sont toutes différentes. Leurs parcours et leurs motivations sont différentes mais elles ont fait le choix commun de passer à l’action pour avancer. Ce sont des personnes motivées, courageuses et prêtes à donner beaucoup d’elles-mêmes pour apporter un mieux à leur quotidien, à leur vie, à leurs projets.

Rien que pour cela je suis fière et heureuse d’avoir appris ce métier qui me montre à chaque fois la richesse des êtres humains. Et pour finir sur une note légère, je vous partage le sketch d’un humoriste sur la mode du coaching.

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